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Monte 2010 : Protocole pour l'Exantheme Coïtal Equin (ECE)

(Equine Herpes Virus-3 Infection)

La maladie
L’exanthème coïtal équin (ECE) est une maladie infectieuse, transmissible essentiellement par voie vénérienne, due au virus herpès équin de type 3 (VHE-3), virus très contagieux mais donnant lieu à une affection bénigne. Distinct des autres virus herpès équins, le VHE-3 provoque l’apparition de lésions proches de celles des «pox- virus» sur le pénis et sur la vulve. Cette maladie virale est endémique sur une part importante de la population de chevaux d’élevage dans le monde.

Déclaration
Ce n’est pas une maladie à déclaration obligatoire. Toutefois, il est utile, en cas d’apparition, d’en avertir le Syndicat des éleveurs de chevaux de sang de France.

Signes cliniques
Après une période d’incubation de 5 à 9 jours, apparaissent de petites (1-3 mm) et peu visibles papules sur la peau du pénis et de la vulve. En 24 à 48 heures, elles donnent des vésicules et des pustules parfois purulentes formant des cratères un peu comme lors d’infections à pox- virus. Ces pustules peuvent rester individualisées ou devenir coalescentes ou s’ulcérer, avant de guérir le plus souvent en 10-14 jours. Lors de complications bactériennes, la guérison est retardée et exige des soins antiseptiques locaux. Des lésions de la verge induisent parfois chez l’étalon une inaptitude/une réticence à éjaculer.
Des signes généraux et de gêne au niveau de l’appareil génital ne sont pas fréquents mais certains étalons refusent de saillir tant que la guérison n’est pas complète. Quelques étalons infectés mettent longtemps à guérir et développent des complications secondaires. Des juments présentent, exceptionnellement, des lésions systémiques. Elles guérissent le plus souvent en 10-14 jours en gardant des plaques de dépigmentation.
Le portage latent existe tant chez la jument que chez l’étalon; sans avoir nécessairement présenté des symptômes caractéristiques d’infection primaire ou de contamination. Le site anatomique du portage n’est pas prouvé.
Une forme non vénérienne de l’infection à VHE-3 peut s’exprimer parfois chez la pouliche et le poulain, avec hyperthermie et lésions coalescentes douloureuses de la peau autour de l’anus et de la vulve chez la pouliche, sur le périnée, entre les jambes et sur le scrotum chez le poulain.
Sur les chevaux à la reproduction, l’infection n’a pas d’impact immédiat ou à long terme sur la fertilité que ce soit chez l’étalon ou chez la jument ; elle interfère sur la régularité de la monte. C’est pourquoi, du fait d’infections en fin de saison de monte et donc de saillies manquées, le taux de fertilité peut être diminué. Aucun avortement à VHE-3 n’a été rapporté.

Transmission de la maladie
Le VHE-3 est hautement contagieux entre chevaux sensibles et peut être transmis par contact génital direct ou indirect. Le virus peut être transmis par un animal infecté aux signes cliniques peu visibles.
Les chevaux infectés guéris ainsi que ceux présentant des symptômes frustes peuvent devenir porteurs latents de VHE-3. Il est avéré que l’ECE apparaît lors de la recrudescence de circulation du virus (résurgence du virus d’un porteur ou d’un cheval asymptomatique).
La transmission naso- génitale du VHE-3, à l’herbage ou au souffleur, avec des lésions incontestables du nez, des lèvres et des narines, a été décrite. Le rôle des mouches dans la transmission de vulve à vulve est suggéré mais non prouvé.

Prévention
Avant la monte ou avant toute saillie, il convient de s’assurer de l’absence de lésions telles que des papules, des vésicules, des pustules ou du type de celles des pox- virus sur la peau du pénis ou du prépuce et de la vulve ou du périnée. En cas de suspicion, consulter un vétérinaire.
Toute manipulation et toute intervention des ou sur les appareils génitaux de chevaux infectés exigent les précautions d’usage et l’utilisation de matériels à usage unique.
Il n’y a pas de vaccin disponible contre cette infection à VHE-3. Bien que les étalons et les juments ne présentent pas habituellement de signes cliniques généraux après une contamination naturelle, il est probable que l’immunité soit de courte durée. Des réapparitions récurrentes d’ECE peuvent être observées en cours de saisons de monte.

Diagnostic
Un diagnostic présomptif peut être fait sur la base des symptômes. La confirmation peut être obtenue par séroneutralisation vis à vis du VHE-3, réalisée sur 2 sérums prélevés à 14-21 jours d’intervalle. Un quadruplement ou plus du taux de séroneutralisation témoigne d’un contact récent avec le VHE-3. Toutefois, l’absence d’un quadruplement ne permet pas d’exclure cette virose, car, dans certains cas, la production d’anticorps neutralisants peut être faible.

Traitement
Il échoit au vétérinaire de le déterminer.

Contrôle de l’infection
Dans les populations où l’infection à EHV-3 est endémique, la réactivation de virus latents peut rester indétectée - donc inévitable - et entrainer une dispersion virale.
Le diagnostic précoce et le contrôle de la diffusion de l’infection sont essentiels. Les personnels en charge des saillies doivent savoir détecter les lésions cutanées caractéristiques et connaître les mesures à prendre en cas de suspicion d’ECE.

Lorsque l’infection est suspectée ou diagnostiquée sur un étalon, la monte doit être arrêtée jusqu’à ce que l’étalon soit guéri. Cela prend habituellement 10 à 14 jours ; parfois davantage.

Pour des raisons économiques et en l’absence de signes systémiques d’infection sur des étalons particulièrement chargés il peut être tentant pour leurs managers, encouragés par quelques propriétaires de juments, de poursuivre la monte. Cette décision n’est pas judicieuse. Du fait des lésions l’étalon peut souffrir et refuser de saillir ou d’éjaculer. Dans ces circonstances, le risque potentiel de voir se développer des signes systémiques de maladie et des complications secondaires est accru. De plus, la continuation de la monte est de nature à ralentir les processus de cicatrisation et de guérison, d’accroitre le nombre de juments contaminées et par suite celui des porteurs sains.
Lorsqu’une infection est diagnostiquée sur un étalon, tous les propriétaires des juments saillies doivent en être prévenus afin qu’ils fassent procéder à un examen clinique par un vétérinaire. De même, ils doivent être informés des délais à respecter avant que de représenter leurs juments à la saillie.
Lorsqu’une infection est diagnostiquée sur une jument qui a été saillie au cours des trois semaines précédentes, le responsable de l’étalon doit être prévenu afin qu’il interrompe la monte et fasse contrôler l’étalon par un vétérinaire. Les propriétaires de juments destinées à cet étalon devraient être avertis de la date prévisible de la reprise de la monte.

Lorsque l’infection est diagnostiquée sur une jument qui aura été saillie au cours des 3 semaines précédentes, le propriétaire de l’étalon ou son gardien doivent être avertis qu’ils sont susceptibles d’avoir à interrompre les saillies. Il doit leur être suggéré de faire examiner leur cheval par un vétérinaire. Le gardien de l’étalon est tenu d’informer les gardiens des juments saillies au cours des trois semaines précédentes afin qu’ils fassent examiner ces juments par un vétérinaire. La monte ne reprendra qu’en absence de signes d’infection chez l’étalon, lorsque l’opinion vétérinaire sera que le cheval ne se trouve pas en période d’incubation et que les examens ne révèleront aucun signe d’infection sur les juments préalablement saillies.

Alors que l’ECE devrait être évité par une utilisation rigoureuse de l’IA (lorsque celle-ci est autorisée) accompagnée d’une gestion sécurisée, la propagation du virus lors de l’IA n’a pas été étudiée.
Dans le milieu extérieur, le VHE-3 est rapidement détruit par les solvants des lipides, les détergents, la chaleur et les désinfectants classiques. Le management hygiénique des barres de contention et des locaux réservés aux saillies est déterminant dans la prévention de toutes les maladies vénériennes.

Confirmation de l’exemption de maladie
La reprise de la monte exige une absence de signes cliniques et un respect des délais de contamination tenant compte des cas extrêmes. Les étalons arrêtés à temps, traités de façon adaptée et ayant respectés un délai de 10-14 jours peuvent reprendre la monte. Un étalon est considéré comme apte après rétrocession des signes cliniques et dès lors qu’à l’examen toutes les lésions, sur lesquelles le diagnostic a été établi, sur la verge en érection, sur le prépuce sont guéries ou ont disparues. Il en est de même pour les juments.

Exportation
L’ECE n’est pas une maladie à déclaration obligatoire. Toutefois, tout cheval présentant des signes cliniques ou ayant été récemment en contact avec cette virose ne devrait être exporté.

Références utiles

Protocole de monte 2010

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