Monte 2010 : Protocole rhinopneumonie
TOUS LES CHEVAUX DOIVENT ETRE VACCINES
1. Qu’est la rhinopneumonie ?
Le virus herpès équin de type 1 (VHE-1) est un virus commun et contagieux qui provoque avortement, maladie respiratoire et paralysie.
A noter que le type 4 est un herpès virus équin (VHE-4) qui entraîne plus généralement des maladies respiratoires.
2. Comment survient l’infection ?
Tous les chevaux sont des réservoirs potentiels.
Le virus diffuse généralement par voie aérienne mais le placenta, les avortons, les tissus et liquides foetaux représentent la source de contamination la plus dangereuse dans les haras. Aussi tous les avortons et les cadavres de nouveau-nés morts précocement doivent-ils être manipulés avec précaution et envoyés pour examen à un laboratoire compétent.
Les foals contaminés transmettent l’infection par voie aérienne aux mères saines, aux autres foals et à tous ceux avec qui ils sont en contact.
Les juments qui ont avorté ou dont le foal est mort-né peuvent être elles-mêmes sources de contamination, également par la voie aérienne.
La maladie peut être transmise à des foals sains par n’importe quel autre équidé atteint avec lequel ils entrent en contact.
Les chevaux peuvent être « porteurs » du virus et donc transmettre la maladie sans pour autant montrer de signe clinique. De temps à autre, ces porteurs peuvent exprimer la maladie, notamment après un stress ou une autre maladie. Le virus devient alors très contagieux.
Le virus pouvant survivre pendant 8 semaines dans le milieu extérieur, une contamination indirecte est aussi possible.
3. Quand survient l’avortement ?
Généralement en fin de gestation (8 - 11 mois) mais il est possible dès le 4ème mois. L’avortement pourra survenir aussi bien dans les 15 jours que plusieurs mois après l’infection. Les longs transports et autres types de stress en fin de gestation augmentent les risques d’infection du foetus et d’avortement.
4. Qu’en est-il des foals infectés vivants ?
Les foals contaminés sont habituellement fragiles dès la naissance, montrant des signes de faiblesse, de jaunisse ou des difficultés respiratoires et éventuellement des symptômes nerveux. Ils meurent en général dans les 3 jours. Ces foals sont hautement contagieux lors de contact direct par la voie respiratoire et par l’intermédiaire du virus excrété dans le milieu extérieur. Ils peuvent contaminer les chevaux avec lesquels ils entrent en contact.
5. Qu’en est-il de la forme respiratoire ?
Le VHE-1 provoque habituellement des maladies respiratoires chez les foals sevrés et les yearlings, le plus souvent en automne et en hiver. Les animaux âgés peuvent en mourir. Il est fréquent que les jeunes excrètent du virus alors qu’ils ne présentent aucun signe clinique.
Les symptômes observés sont de la fièvre modérée, de la toux, un écoulement nasal ou d’autres signes d’infection respiratoire.
6. Comment diagnostiquer la rhinopneumonie ?
Pour confirmer la rhinopneumonie comme cause d’une maladie respiratoire ou d’une paralysie, il convient de procéder à la recherche du virus sur des échantillons sanguins, des écouvillons nasopharyngés profonds ou sur le liquide céphalorachidien. La mise en évidence du virus ne peut être faite qu’en laboratoire. Lors d’avortement ou de mort d’un nouveau né, le laboratoire doit pouvoir disposer de placenta, de tissus nécropsiques du foetus ou du foal. Faire seulement analyser le sang de la mère, dans ces circonstances, n’est pas suffisant.
7. La rhinopneumonie doit-elle être déclarée ?
La rhinopneumonie n’est pas une maladie à déclaration obligatoire (MDO) mais compte tenu de sa grande contagiosité et de ses conséquences, il importe d’arrêter tout mouvement de chevaux et d’informer les propriétaires de tous les équidés ayant côtoyé l’animal atteint, notamment pour qu’ils prennent chez eux des mesures adaptées. – voir paragraphe 9.
8. Recommandations pour se protéger de la rhinopneumonie.
- Gestion de l’élevage
Les juments pleines doivent être isolées du reste du cheptel. S’assurer que les juments sont correctement vaccinées.
Dans la mesure du possible, les juments doivent mettre bas dans le haras d’origine et ne visiter l’étalon qu’accompagnées de foals sains.
Si ce n’est pas possible, les juments doivent arriver au haras de l’étalon au moins un mois avant terme et être réparties par groupes restreints isolés les uns des autres. Les juments en toute fin de gestation, celles provenant des ventes ou de l’étranger doivent être considérées à risque et doivent aussi être isolées.
Toutes les juments doivent être tenues à l’écart des foals sevrés, des yearlings, des chevaux de compétition, des chevaux au repos…
Les pouliches sortant de l’entraînement présentent un risque particulier pour les juments pleines.
Les juments en fin de gestation ne doivent pas voyager avec d’autres chevaux et en particulier avec des juments ayant récemment avortées ou ayant été retrouvées vides.
Si une mère nourricière est introduite dans un haras, il convient de l’isoler jusqu’à ce que l’on ait exclu la rhinopneumonie comme cause de la mort de son propre foal.
Les étalons doivent être logés à l’écart des bâtiments réservés aux juments.
- Hygiène
Le virus herpès équin 1 ne résiste ni à la chaleur ni aux désinfectants. Dès lors, écuries et matériels de transport doivent être régulièrement nettoyés et désinfectés à l’aide de produits approuvés et de vapeur sous pression. En cas de nettoyage et de désinfection insuffisants, le virus pourra survivre plusieurs semaines dans le milieu extérieur.
- Quarantaine
L’idéal serait que des employés différents soient affectés aux différents groupes de juments. Si cela est impossible, commencer le travail de la journée par donner les soins aux juments pleines.
- Protocole vaccinal
La vaccination contre la rhinopneumonie est obligatoire au regard du stud-book français. La primo-vaccination et les injections de rappel sont effectuées conformément aux prescriptions des Autorisations de Mise sur le Marché (AMM) des vaccins. Toutes les vignettes ou les indications concernant le n° du lot doivent être apposés sur le livret, qui sera daté et signé par le vétérinaire.
JUMENT VIDE OU MAIDEN OU A L’ISSUE DE LA CARRIERE SPORTIVE
a) Juments non vaccinées : suivre le protocole AMM, une primo-vaccination à l’aide de deux injections entre 3 et 6 semaines d’intervalle et rappel de préférence tous les 6 mois ; en tout état de cause dans un délai inférieur à un an.
b) Jument vaccinée : suivre le protocole AMM, faire un rappel de préférence tous les 6 mois ; en tout état de cause dans un délai inférieur à un an,.
JUMENT GESTANTE
Suivre le protocole AMM : Vaccination à faire en complément : injection soit au 3ème, 5ème et 7ème mois de gestation, soit au 5ème, 7ème et 9ème mois de gestation, selon le vaccin choisi.
POULAIN SEVRE
Suivre le protocole AMM, une primo-vaccination à l’aide de deux injections entre 3 et 6 semaines d’intervalle et rappel de préférence tous les 6 mois ; en tout état de cause dans un délai inférieur à un an. Important : Commencer la primo-vaccination dès l’âge 3 - 5 mois environ en accord avec le vétérinaire. Eviter toute injection à moins de dix jours du sevrage.
POULAINS ET POULICHES DE 1 AN - 2 ANS ET PENDANT TOUTE LEUR CARRIERE SPORTIVE
a) Cheval non vacciné : Suivre le protocole AMM, une primo-vaccination à l’aide de deux injections entre 3 et 6 semaines d’intervalle et rappel de préférence tous les 6 mois ; en tout état de cause dans un délai inférieur à un an.
b) Cheval vacciné : Suivre le protocole AMM, faire un rappel de préférence tous les 6 mois ; en tout état de cause dans un délai inférieur à un an.
- Contrôle de la rhinopneumonie – Recommandations
Prendre toutes les mesures d’hygiènes qui s’imposent (blouses, gants, protège bottes, à usage unique)
La recherche du virus de la rhinopneumonie est recommandée (voir paragraphe 6) :
- Lors * d’avortement
* de mort né
* de foal né malade
* de foal devenant malade dans les 14 jours suivant sa naissance
* de yearling avec hyperthermie et symptômes respiratoires (écoulement nasal…)
a. Consulter immédiatement votre vétérinaire afin de décider des mesures à prendre.
b. En cas d’avortement ou de mort né
-Isoler la mère.
- Envoyer le placenta et les tissus nécropsiques (foie, poumon, rein, rate…) sous couvert du froid à un laboratoire compétent et éventuellement le cadavre si le laboratoire l'accepte.
- Utiliser des conditionnements appropriés.
c. En cas de foal vivant mais malade ou devenant malade dans les 14 jours suivant la naissance
- Isoler la mère et son foal et éviter tout contact avec des juments pleines, envoyer des prélèvements (généralement nasopharyngés et de sang hépariné ou mieux récolté sur EDTA) à un laboratoire compétent. Utiliser des conditionnements appropriés.
d. Interdire toute sortie du haras jusqu’à réception de résultats satisfaisants.
e. Prévenir les propriétaires d’animaux devant venir au haras.
f. Désinfecter et détruire la litière. Nettoyer et désinfecter les locaux et les moyens de transport en accord avec votre vétérinaire.
g. Si les premiers résultats d'analyse font suspecter la rhinopneumonie, isoler et diviser le groupe des animaux qui étaient en contact, en sous-groupes et surveiller température, symptômes respiratoires, écoulements vulvaires chez les juments pleines.
- Si la rhinopneumonie est confirmée :
a. Maintenir l’isolement et les restrictions de mouvement, mettre en oeuvre les mesures d’hygiène adaptées.
b. Avertir :
* Le haras d’origine de cette jument s’il s’agit d’une visiteuse,
* Les propriétaires des juments présentes au haras ou devant y venir,
* Les responsables des lieux où des chevaux ont été envoyés dans les 30 jours précédents ainsi que ceux où des juments pleines ont été envoyées et qui ont été en contact avec l’animal atteint alors qu’elles étaient gestantes depuis plus de 3 mois et ce, quel que soit le délai écoulé depuis,
* Les responsables des lieux où des chevaux doivent être envoyés,
* Le Syndicat des Eleveurs.
Ces diverses notifications sont capitales pour éviter l’extension de la maladie.
- Après un avortement dû au virus de la rhinopneumonie, au haras d’hébergement
a. Le haras peut accepter des juments suitées d’un foal sain, des juments vides ou maiden à condition que l’élevage de provenance soit exempt de signes d’infection.
b. Les juments non gestantes peuvent être envoyées à d’autres haras après un délai d’un mois suivant le dernier avortement à condition que dans l’élevage qui réceptionne les juments, elles puissent être isolées des autres juments gestantes pendant au moins 2 mois.
c. Les juments gestantes doivent demeurer dans le haras jusqu’à leur mise bas.
d. Le haras peut accepter les juments visiteuses à condition que le responsable s’engage à les laisser au moins jusqu’au 30ème jour suivant le dernier cas clinique de rhinopneumonie recensé.
e. Les juments qui ont avorté doivent être maintenues à l’écart des autres juments en fin de gestation au moins 8 semaines après l’avortement. Il semble que le risque de répandre la maladie soit faible lorsque les juments sont saillies sur la seconde chaleur suivant l’avortement.
f. Les juments pleines de retour d’un haras où est survenu un avortement à rhinopneumonie doivent être gardées en isolement pour la mise bas et les haras qu’elles visitent doivent être prévenus.
- En cas de soupçon de la forme paralytique de la rhinopneumonie
a. Consulter immédiatement votre vétérinaire.
b. Cesser la monte et le passage à la barre.
c. Cesser tout mouvement d’entrée et de sortie.
d. Envoyer des prélèvements à un laboratoire compétent, dans des conditionnements appropriés.
e. Répartir les chevaux en petits groupes, en gardant les juments pleines à l’écart des autres chevaux.
f. Prévenir les propriétaires d’animaux devant venir au haras.
g. Désinfecter et détruire la litière. Nettoyer et désinfecter les locaux et les moyens de transport en accord avec votre vétérinaire.
- En cas de confirmation de la forme paralytique
Décider d’une politique avec votre vétérinaire traitant. De toute façon, les chevaux ne doivent quitter leurs groupes et éventuellement regagner leurs élevages qu’après analyses et résultats conformes. Ils doivent alors être isolés dans leurs élevages respectifs, en particulier les juments pleines jusqu’après la mise bas.